Les sources minérales en Vaucluse au XIXe

Les sources minérales en Vaucluse au XIXe

Des sources oubliées

C’est au cours d’une balade dans les rues  pittoresques de Gigondas, nous sommes passés devant le lavoir du village. Une plaque en lave émaillée fixée sur un mur, attira mon attention. Il est classique de trouver ce type de plaque sur un monument ! Mais, l’histoire qu’elle nous racontait, l’était moins. On pouvait lire que la source alimentant le lavoir, avait des vertus thérapeutiques . Voilà, qui n’est pas courant ! En effet, cette source était utilisée pour soulager les rhumatismes et pour traiter les affections de peau. J’en fut fort surprise !

Car, je connaissais Gigondas pour ses vins, mais pas pour ses sources minérales. Donc, de retour à la maison, je décide de consulter un manuel de géographie générale datant 1876. Pourquoi prendre un ouvrage aussi ancien ? Me demanderez-vous ! Eh bien, exploitation de la source des Florets  commença en 1846. Un établissement thermal ouvrit  en 1860. Par conséquent, cela me paraissait évident, que je trouverais plus de détails dans un livre publié en 1876 que dans un manuel plus récent.

Là, je découvre l’existence d’autres sources  minérales, à Montmirail, à Gigondas, à Aurel, ainsi qu’à Velleron. Certaines sources furent exploitées et transformées en stations thermales, d’autres demeurèrent en l’état, sans aménagement particuliers.

Le temps des établissements thermaux XIXe-XXe

Prendre les eaux, soigner ses affections grâce aux vertus des eaux minérales, semblent être la grande passion de aïeux. Avec les avancées de la science, de nombreuses sources firent l’objet d’analyses, mettant au jour leur nature, et  leurs qualités. Certains médecins de leur côté, se mirent à rédiger des articles sur les bienfaits de ces eaux sur la santé.

Il s’en suit, une multiplication des demandes d’exploitation, afin d’ouvrir des établissements thermaux autour des sources les plus importantes. Mais, les curistes semblent aussi apprécier, les lieux plus simples. Car, ils n’hésitent pas à faire de longues marches dans la campagne pour bénéficier des bienfaits d’une source.

Cet engouement pour les cures, peut être mis en parallèle du moins pour le XIXe siècle, avec une activité émergente, réservée à la classe aisée : Le tourisme. De plus en plus de guides « touristiques » donnent envie à leurs lecteurs, de découvrir par eux-même toutes ces belles régions. Des auteurs célèbrent, des personnalités en vue publièrent leurs récits de voyages à travers la France.

Bref, tout cela concours à l’arrivée des premiers touristes-curistes dans les établissements thermaux du Vaucluse !

Les sources et leurs caractéristiques

Où sont-elles ?

Au cours de mes recherches, j’en ai trouvé trois autour des dentelles de Montmirail, une sur la commune de Velleron, deux dans le Val de Sault.

Les deux sources du Val de Sault sont assez mystérieuses pour moi ! Car, de nombreux livres et guides y font références. Cependant, elles n’ont laissé aucune trace sur le terrain. Bon, nous y reviendrons plus tard.

Autour des Dentelles de Montmirail

Le massif doit son nom à la formation rocheuse de Grand Montmirail. Lequel fait face aux dentelles dites Sarrasine. Ce massif est constitué d’une succession de dentelures en forme de scie. Le point le plus élevé de massif est  le plateau de Saint-Amand. Je n’irai pas plus loin dans la description de ce lieu magnifique de notre département.

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Le sous-sol des dentelles renferme un véritable trésor pour les habitants des communes environnantes. Car, sous la surface aride et caillouteuse, coule de nombreuses sources, dont les eaux possèdent de multiples vertus. La plus réputée est sûrement, celle de Montmirail, avec sa fameuse « eaux vertes ».

Les thermes de Montmirail

Le comte de LAURIS exploita ces sources dés 1818. Très tôt, il y fonda un établissement thermal. On y soignait toutes sortes d’affections grâce aux eaux sulfureuses, magnésiennes, ferrugineuses. Des malades issus de différentes catégories sociales, se croisaient entre deux soins, dans les couloirs de la station. Elle eu rapidement un succès au niveau local mais aussi  national et international. A la fin des années trente la station accueillait plus de 500 curiste par an.

En 1842, le comte de LAURIS vendit les thermes aux frères BOURBOUSSON. Lesquels agrandirent la station afin de la rendre plus confortable pour les malades. Des personnages célèbres tels que Frédéric MISTRAL et l’actrice Sarah BERNHARDT y firent des séjours. La station thermale resta dans la famille BOURBOSSON et ses descendants les DESPLANS et les BEDOC, jusqu’au XXe siècle.  Ils cessèrent leur activité en 1940.

Cependant la gestion de la station fut progressivement délaissée au profit de la commercialisation de l’eau en bouteilles. Comme le disait les affiches publicitaire de l’époque :

l’eau purgative de Montmirail : Allége le Corps et l’esprit

De nos jours, la station thermale est perdue au milieu de la végétation. Seul subsiste la chapelle et quelques pans de murs des bains.

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Les bains

Les sources thermales d’Urban ou Beaumes-de-Venise

D’autres sources sulfureuses existaient autour du massif des dentelles. Les plus réputées après celles de Montmirail, se trouvaient sur l’ancienne commune d’URBAN qui fut rattachée à BEAUMES-DE-VENISE en 1811. Ces sources étaient communément appelées de VACQUEIRAS. Voici pourquoi, le point de résurgence était sur la commune de BEAUMES. Les curistes venaient y prendre les eaux pour soigner leurs affections. Mais la commune, ne pouvait pas offrir de commodités aux malades. Ils devaient donc se rendre à VACQUEIRAS pour se loger et se restaurer.

Des sources connues depuis l’antiquité

Des campagnes de fouilles archéologiques menées aux XIX, ont mis en évidence des tuyaux en plomb datant de l’époque romaine. Les romains avaient pressenti les bienfaits de ces eaux sur leur santé. Mais, il faudra attendre le milieu du 18e siècle pour que les premières analyses physico-chimiques soient réalisées. Vers 1887 M Léopold DESPLANS possédaient les sources de BEAUMES.

Les sources du Val de SAULT

Nous laissons maintenant le massif des dentelles, pour rendre au pied de Mont-Ventoux, dans le Val de SAULT. Deux riviéres traversent la vallée, LA NESQUE et LA CROC.  Les eaux minérales de la vallée, ne furent pas exploitées comme celles de MONTMIRAIL et de BEAUMES. Mais, elles étaient référencées par les guides touristes, dont certains parlaient même d’établissements thermaux associés aux sources. Seulement, je n’ai pas trouvé de trace sur les plans cadastraux de tels établissements.

Sur SAULT, entre 1856 et 1860 M CARBONNEL déposa des demandes d’exploitation pour une source d’eau minérale. Mais ces demandes sont classées sans suite. L’emplacement, n’est pas précisé, mais certains document la situe au pied du village sur la CROC. La commune d’AUREL aurait accueilli des curistes, venant bénéficier des vertus d’une source d’eau sulfureuse.  Mais, là, je dois avouer que cela reste un grand mystère.

Bien, nous arrivons au terme de notre voyage qui nous a mené de part et d’autre du Vaucluse. Cet article, s’éloigne de la généalogie pour se rapprocher de l’étude du patrimoine.

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