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Histoire du dernier maréchal ferrant

Marcel VERNET : Le dernier maréchal ferrant de VEDENE

Le maréchal ferrant ou maréchal de forge avait un rôle important au sein des villages. Car, son activité ne se limitait pas au ferrage des chevaux ! Il savait aussi travailler les métaux, afin de réparer les socs des charrues et autres outillages agricoles.  Il fabriquait des objets de la vie courante, tels que des chaises, des bancs, des portes.

Mais, le sujet de cet article, ne portera pas uniquement sur ce beau métier de maréchal ferrant, mais sur un forgeron en particulier : Marcel VERNET, qui a été le dernier maréchal ferrant du village de Vedène dans le Vaucluse. Pourquoi s’intéresser à un homme plutôt qu’à un métier ? Eh bien, je trouve que les récits de vie sont vraiment enrichissants. Car on y croise de nombreux personnages, on y découvre différents lieux, différents métiers. Un récit de vie est dynamique et pluriel comme peut l’être la VIE !

Au commencement

Il faut bien un commencement à toute chose, n’est ce pas ! Bien qu’on puisse se demander où et quand commence l’histoire d’une personne. En effet son histoire, commence-t-elle au moment de sa naissance ? Ou, commence-t-elle lors de la rencontre de ses futurs parents ? Ou encore commence-t-elle au nomment de la naissance de ses futurs parents ? Vous pensez peut être que je m’égare dans les méandres de mes pensées ! En fait, en écrivant le titre de se paragraphe, je me suis souvenue de l’introduction d’un roman biographique que j’ai lu récemment. Il s’agit de « LA CARTE DES MENDELSSOHN » écrit par Diane MEUR au édition le Livre de Poche.

Elle débute son livre par une intéressante réflexion sur le commencement ou en l’occurrence sur l’absence de commencement !

Au commencement, il y avait un homme…. Eh bien non. Au commencement, il n’y a jamais un homme ni une femme d’ailleurs, ni même un homme et une femme, pas plus qu’il n’y eut un premier jour et une première nuit. Ce sont de multitudes d’ ancêtres dont le nom s’est perdu, de plus en plus nombreux incertains à mesure qu’on remonte, si bien qu’on en arrive à ce constat déroutant pour les grands gosses que nous : dans ce domaine, il n’y pas de commencement. (Diane MEUR)

Le jeune temps

Marcel VERNET (9)
collection privée

Pour Marcel VERNET a vu le jour au mois d’octobre 1911 dans le village Pontet, à quelques kilomètre d’Avignon. Il est le premier né de Jules Xavier et de Marie Angeline VILLARD. Deux autres garçons naîtront après Marcel.  Jules Xavier travaille dans usine de la compagnie Saint Gobain qui est situé dans le quartier de l’Oseraie au Pontet. Ce site industriel a été crée en 1848 par un groupe lyonnais Les sieurs PERRET et OLIVIER, puis en 1872 le groupe fusionna avec la société Saint Gobain. Cette usine était dédiée à la production de acide sulfurique. Elle connu un pic d’activité pendant la première guerre mondial, après l’armistice son activité se tourna progressivement vers la fabrication d’engrais en granulé (source Le Pontet Régis DEROUDIHLE). Donc, le métier de maréchal ferrant ne vient pas son père !

Marcel obtint son certificat d’études primaires (1866-1989), le fameux certif en 1924. Ce diplôme annonce la fin de ses études et l’entrée dans la vie l’entrée dans la vie active à 13 ans.

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collection privée

Les premiers pas dans la vie professionnelle

L’entrée dans la vie professionnelle, se fera par l’apprentissage. Mais avant de devenir apprenti, Marcel doit passer une visite chez le médecin de famille qui l’autorisera à travailler pour une durée de un an chez son maître d’apprentissage !

collection privée

Marcel débuta sa carrière de forgeron au Pontet sur la route de Carpentras avec M SEMILLAR(D). Il eut ensuite un autre employeur sur la commune de Morières

La parenthèse militaire

Il effectue son service militaire entre 1932 et 1933 dans un régiment d’artillerie divisionnaire, il fait partie des maréchaux ferrant qui sont chargés de soigner les chevaux du régiment.

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collection privée
collection privée

Le retour à la vie civile est de courte durée car 6 ans plus part la deuxième guerre mondiale est déclarée ! Comme nombreux de ses compatriotes masculins, il est mobilisé. Il est affecté au 62e Régiment d’Artillerie Nord Afrique où il y arrive en septembre 1939. Il est démobilisé en en juillet 1940 faisant suite à la capitulation de l’armée Française.

collection privée

La carrière professionnelle

Faisons un peu petit retour en arrière jusqu’en 1935 ! Date à laquelle il installe sa forge dans un hangar sur la commune de Védene. Deux ans plus tard, il dépose une demande d’immatriculation en tant que maître artisan au prés du tribunal du commerce d’Avignon.

Comme je l’expliquais plus haut dans l’article, l’activité de Marcel VERNET est diversifiée. Car il s’occupe aussi bien du ferrage des chevaux que de la fabrication d’outils ou de la réparation de machines agricoles.

L’enseigne de son établissement témoigne de cette pluralité :

En 1949, il s’installe sur le terrain familial de son épouse. Il est situé juste à la sortie du village de Vedène. Une petite anecdote en passant, ce terrain qui était recouvert de genêts à balai (plante à port buissonnant avec une hampe florale jaune odorante). Ces genêts étaient surnommés par les vedènais les Petaris. De ce fait les habitants de ce quartier étaient gentillement appelés « Les Petaris » .

Marcel, construit sur son terrain un nouvel atelier avec une forge, sur laquelle trônera un soufflet d’une taille assez conséquente. Ce soufflet a survécu aux outrages du temps ! Il a récemment fait l’objet une restauration par le petit-fils de Marcel.

 

soufflet-de-forge
avant restauration
soufflet-apres-restauration
après restauration

Marcel VERNET œuvra de nombreuses années au service de sa communauté et de celle des environs. On faisait appel à ses services pour des opérations de soudage, pour la fabrication d’une rampe d’escalier, mais aussi pour redresser des tôles. En ce milieu du XXe siècle, il était d’usage de réparer les outils endommagés plutôt que de les jeter ! De plus, la majorité des outils était en métal donc plus facilement réparable que les outils utilisés de nos jours.

Les outils

Pour les plus bricoleurs d’entre vous, voici quelques outils utilisaient par le maréchal-ferrant pour les chevaux. Ces outils dormaient dans une remise. Jusqu’à ce que le petit-fils de Marcel, leur offre une deuxième vie, en les exposant sur le mur de l’ancienne forge.

outils-du-marechal-ferrant
outils-du-maréchal-ferrant

Vous le saviez peut être, mais il existe différent modèle de fer à cheval. Pendant les épisodes neigeux, des fers spéciaux permettaient aux chevaux de travailler sans glisser. Des fers dits orthopédiques étaient utilisés pour corriger les déformations d’un ou des sabots de l’animal. Le maréchal avait aussi des connaissances dans l’anatomie des chevaux qui lui permettait de suppléer les soins vétérinaires.

La succession

Eh bien, il  n’eut pas de succession car Marcel et son épouse eurent qu’une fille. De plus, Marcel fut victime d’une grave maladie qui l’emporta prématurément ! Il n’eut pas le temps de former un apprenti susceptible de prendre la suite. Sans compter que le métier est de plus en plus tombé en désuétude. Après, Marcel VERNET la commune de Vedène ne compta plus de maréchal de forge !

Vous avez envie de retracer l’histoire d’un de vos ancêtres, n’hésitez pas à me contacter 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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