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L école de nos ancêtres au XIXe siecle

De nos jours, les enfants fréquentent les bancs de l’école jusqu’à l’âge de 16 ans. La majorité d’entre eux poursuivront leurs études bien au delà de cet âge minimum . Ce droit des enfants à avoir accès à l’instruction, nous apparaît comme une évidence.

Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas ! Loin de là, le chemin vers l’éducation pour tous les enfants (filles ou garçons) a été long et semé d’embûches.

Vers un enseignement primaire pour tous

Ce parcours a commencé sous l’Ancien Régime. De petites écoles se mettent en progressivement en place. Elles donnent un enseignement de base tel que la lecture, l’écriture, le calcul. Ce sont surtout les garçons qui fréquentent les bancs de ces petites écoles. Elles sont tenues par des congrégations religieuses, leur but étant de former des bons chrétiens. Les filles eurent accès à l’enseignement bien plus tard.

Ces écoles sont de tailles modestes, souvent organisées dans de petites granges ou chez le maître. Mais, elles ont le mérite d’exister !

Après la Révolution Française, des rapports et des projets de décret visant à reformer l’instruction publique sont rédigés. Ces rapports étaient en avance sur leur temps, car ils envisageaient une école gratuite, laïque, obligatoire et mixte ! Ils ne furent pas appliqués mais les idées étaient lancées. Elles allaient cheminer lentement dans les esprits.

Il y a 200 ans, la société prend lentement conscience de la nécessiter d’apporter aux enfants une instruction de base (lecture, écriture, calcul). Donc, au long du XIX e siècle, le taux de scolarisation des enfants, ne cesse de progresser surtout chez les garçons. Il atteint les 80% avant 1882. Ceci, grâce aux efforts constants des différents gouvernements qui vont au cours de ce siècle, œuvrer une meilleure accessibilité de l’école. En agissant ainsi, ils espéraient diminuer une des inégalités de leur société : Le droit d’accéder à la connaissance.

Toutefois, la portée de ces actions demeure longtemps limitée. Car les enfants sont au XIXe considéré comme une source de main d’oeuvre. La majorité des familles dispose de ressources très limitées. Le travail de leurs enfants, hors du cercle familial, leurs procurent un revenu supplémentaire. De plus, en milieu rural, les enfants participent aux travaux des champs, de la ferme, de la maison.

L’école primaire du XIXe siècle

Au cours du XIX e siècle, l’enseignement  primaire connaît de multiples modifications

Sous le consulat et le I Empire :

Dans le Vaucluse, en Avignon, les premières écoles primaires publiques organisées et contrôlées sont crées par le Maire Guillaume Puy en 1800 (Source M Sylvestre CLAP). Alors que dans les villages environnants, la scolarité des jeunes enfants demeurait payante car elle était privée. L’enseignant, n’avait pas forcement suivi une formation qualifiante ou diplômante. C’était parfois la personne la plus instruite du village qui faisait office de maître d’école. Le médecin du village pouvait ainsi devenir instituteur à ses heures perdues !

Globalement, en ce début du XIXe siècle, l’enseignement du primaire était entre les mains de l’Eglise. l’école n’était pas obligatoire et difficilement accessible aux familles.

Voici, un extrait du livre autobiographique D’Agricol PERDIGUIER (1805-1875) « Mémoire d’un compagnon », où il nous présente l’organisation de l’école de son village de Morières.

Néanmoins, nous mîmes tous un peu les pieds dans l’école du village ; les filles envoyées par la mère, les garçons par le père. Le tarif des mois était de 1 franc pour les enfants qui apprenaient seulement à lire et 1 fr et 50 centimes pour ceux qui menaient de front la lecture et l’écriture! ….. Ma mère, la bonne et vaillante femme, payait les mois de ses filles avec l’argent qu’elle gagnait………à confectionner de petits bonnets d’enfants …..

La monarchie de Juillet 1830 1848

Durant la monarchie, deux courants de pensées s’opposent et parfois s’affrontent. D’un côté vous avez les partisans de l’école publique et laïque. De l’autre vous trouvez les partisans d’une école publique mais cette fois religieuse. Cette coexistence à engendrer de nombreuses agitations au sein de la société. Pour apaiser les consciences, ramener l’ordre public, François Guizot propose une loi sur l’instruction primaire.

La loi Guizot : 28 juin 1833

 François GUIZOT devient ministre de l’instruction publique en 1832 sous le règne de Louis PHILIPPE.

  • Elle oblige chaque commune de plus 500 habitants à avoir une école primaire de garçon.
  • Chaque département doit ouvrir une Ecole normale pour la formation des instituteurs
  • L’école n’est toujours pas obligatoire
  • L’église garde un rôle important dans l’organisation de l’enseignement
  • La scolarité devient gratuite

Suite à cette loi, une inspection des écoles primaires est lancée au niveau national. Pour que cette investigation aboutisse l’administration, y adjoint des moyens conséquents (490 inspecteurs visitent 33695 écoles dans les 86 départements français). Source : Gilbert NICOLAS

François GUIZOT, définit l’école primaire publique de la façon suivante :

Ecoles publiques: Celles entretenues tout ou en partie, les communes, les départements, ou l’Etat. Elle peut être laïques ou congréganiste.

Le problème du travail des enfants

Toutefois, si l’on veut que les enfants prennent le chemin de l’école, une condition majeure doit être remplie. Il faut les sortir du monde du travail afin de leur permettre d’étudier. Car au XIX les usines, l’industrie du textile et les exploitations minières emploient des enfants dés l’âge de six ans.

Une loi sur le travail des enfants dans les manufactures est voté le 28 mars 1841. Elle limite l’âge l’égale pour travailler à 8 ans avec un nombre de travail pour jour limiter à 8 heures. Elle rend obligatoire la scolarité pour les enfants de moins de 12 ans, pour les plus âgés un certificat doit être délivré par le maire. Malheureusement, pour les enfants cette loi ne sera pas appliquée!

La Seconde République 1848-1852

Cette nouvelle République accorde de l’importance à l’enseignement dans les écoles primaires et aux conditions d’existence des instituteurs. Notamment, Lazare Hippolyte CARNOT  qui sera ministre de l’Instruction et des cultes pendant 4 mois. Durant cette courte période, il va remplacer les salles d’asile qui accueillaient les enfants de 2 à 6 ans par des écoles maternelles plus adaptées aux besoins des jeunes enfants. Il créé en même temps une école maternelle normale afin de former les futurs enseignants.

Carnot ne pourra pas mener à bien tous ses projets de reformes scolaires car il démissionnera de son poste de ministre. Son successeur  Alfred-Pierre de FALLOUX était plus proche de l’Eglise que ne l’était Lazare CARNOT.

La loi Falloux : 15 mars 1850

Alfred-Pierre de FALLOUX est nommé sous la Seconde République ministre de l’instruction publique et du culte.

  • Elle renforce le rôle de l’Eglise Catholique  et favorise l’enseignement catholique dans le primaire
  • Elle oblige les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école primaire pour les filles

Le Second Empire 1852-1870

Le deuxième ministre de l’instruction publique et des cultes Gustave ROULAND souhaite mieux connaître les instituteurs des écoles primaires, notamment ceux exerçant en milieu rural. Pour cela, en décembre 1860 il lance un grand concours au niveau national, avec à la clé de nombreuses récompenses. Les instituteurs ont 7 semaines pour répondre à la question suivante :

Quels sont les besoins de l’instruction primaire dans une commune rurale au triple point de vue de l’école, des élevés et des maîtres ?

Pour la première fois les instituteurs sont directement sollicités par leur ministre de tutelle.

De cette enquête, il en ressort que globalement les instituteurs sont mécontents de leur situation, de leur lieu de travail, du regard que la société porte sur eux. Les maîtres d’école se sentent fortement dévalorisés, ce sentiment les conduisent parfois ver un désenchantement de leur profession.

Les instituteurs, dépeignent un tableau assez noir de l’état des écoles primaires sous le Second Empire. Ils les décrivent vieillissante, inadaptées aux besoins des élevés, l’hygiène y est inexistante (absence de  lieu d’aisance).

De plus, les enseignants dénoncent la rivalité entre les congréganistes et les laïcs pour le contrôle des écoles primaires. D’aprés eux l’existence d’écoles clandestines en est une conséquence fâcheuse.

En 1863, suite à un remaniement ministériel le poste de ministre de l’instruction est confié à Victor DURUY.

La loi DURUY : 10 avril 1867

Victor DURUY  est nommé ministre de l’instruction public en 1863. Il est à l’initiative du fameux Certificat d’Etudes Primaires mais il n’arrivera pas à convaincre son gouvernement à le mettre en place.

  • La loi impose la laïcisation des instituteurs des écoles primaire
  • L’ouverture d’une école de filles dans les communes de plus de 500 habitants

 Conclusion

Au XVIII et XIX e siècle les bases de l’école primaire sont posées,  mais nous sommes encore très éloignés du concept d’un enseignement primaire obligatoire et gratuit. Il faudra attendre les réformes de Jules Ferry en 1881 et 1882 pour que l’on se rapproche des valeurs que nous connaissons aujourd’hui.

  • le-temps-des-instituteurs 
  • lecture histoire  l’article de GAUTIER Guillaume
  • Histoire de l’éducation, l’article de Gilbert NICOLAS « Les instituteurs sous le Second empire » en pdf
  • Mémoire en Images : « Avignon » par Sylvestre CLAP