Biographie d’un ancêtre

Biographie d’un ancêtre

Ecrire la biographie d’un ancêtre, c’est un peu la suite logique des recherches généalogiques. Les actes d’état civil sont riches en renseignements sur le vécu d’une personne et sa famille proche. Vous y trouverez inscrit sa profession, son lieu de résidence, son âge, tous ses éléments vous aideront à la rédaction  du récit de vie.

Pour vous donner une idée, je présente dans l’article ci-dessous l’histoire d’un de mes aïeux.

Biographie de Jacques Vincent PROD HOMME

Entre Maine-et-Loire et Gard

1859-1879 son enfance à la Chapelle-sur-Oudon

Mon arrière-grand-père est né en 1859 à la Chapelle-sur-Oudon dans le Maine-et-Loire. Ses parents Emile PROD HOMME (1827-1891) journalier et Marie -Jeanne Voisine(1832-1863) habitaient au village des Gaudines sur la commune de la Chapelle-sur-Oudon.

Le couple a eu cinq enfants , Marie (1853-1853), Marie 1854, Joséphine-Mélanie (1857-après 1908),Jacques-Vincent (1859-1935), Marie-Rosalie (1861-1868)

Marie-Jeanne décéda en 1863, leur père se retrouva seul avec ses quatre enfants ( Marie 9 ans,  Joséphine -Mélanie 6 ans,  Jacques Vincent 4 ans, et Marie-Rosalie 2 ans). Je  suppose que la sœur aînée Marie aide alors son père en s’occupant de ses frères et sœurs.

Pour subvenir au besoin de sa famille après le décès de sa femme, Emile PRODHOMME devient domestique . Comme nous l’apprend l’acte de décès de Marie-Rosalie en 1868 au village des Gaudines. Le village des Gaudines est proche du château de la Lorie  lequel appartenait à cette époque au duc de Fitz-James et à sa femme.

Château de la Lorie
Château de la Lorie

Les Fitz-James étaient passionnés d’équitation et de courses hippiques. Sur l’ hippodrome attenant au château, le couple organisait régulièrement  des concours hippiques ainsi que des courses .

Les Fitz-James étaient également connus pour organiser des fêtes grandioses et riantes au château de la Lorie. Ce train de vie fastueux ainsi que l’entretien du haras nécessitaient un personnel important.

De ce fait, ils devaient être l’un des principaux employeurs de la commune voire de ses environs. Je pense qu’Emile PROD HOMME devaient  être domestique au château afin de subvenir aux besoins de ses enfants. Mon arrière-grand-père était bien trop jeune pour travailler.

1879 l’engagement militaire

A l’âge de 20 ans Jacques Vincent s’engagea pour 5 ans dans l’armée. D’après son registre de matricule, il exerçait la profession de cocher à Saint-Bénezet commune de Saint- Gilles. Il a donc quitté l’Anjou pour venir travailler dans le Gard.

En 1880, il intégra le 4 éme Régiment de chasseur où il y reste pendant environ 4 ans.  Il est envoyé en congé le 14 août 1884 avant son passage dans l’armée de réserve en 1885. Jacques Vincent prend donc son congé  avec un certificat de bonne conduite en poche.

Je n’ai pas de lieu de résidence pour cette période mais je pense mais qu’il est resté dans le Gard. En 1885 il était toujours à son Saint-Gilles et 1886 il est inscrit sur les registres de matricules de la subdivision de Nîmes. Cela veut dire qu’il était  alors domicilié sur Nîmes.

1885-1905 un retour progressif à la vie civile

Jacques Vincent est placé dans la réserve de l’armée active en 1885. Il devait régulièrement accomplir des périodes d’exercices dans son corps d’affectation.  Mon arrière-grand-père  était affecté au Régiment de cavalerie légère de Niort. Il fit ses périodes d’exercices dans les régiments de Hussards. Il a été successivement dans le troisième régiment   en 1886, dans le huitième en 1888 et dans le septième en 1892.

Lorsqu’il n’était pas appelé par ses devoirs militaires, Jacques Vincent continuait d’exercer son métier de cocher. Je pense qu’il travaillait pour les Fitz-James car les différents lieux de résidences figurant sur son registre de matricule correspondent aux domaines et châteaux des Fitz-James.

Le 18 août 1888 à Garons Jacques Vincent épousa Suzanne VINCENT couturière fille de Guillaume VINCENT cultivateur et de Eugénie TRONCY.  Sur l‘acte de mariage l’officier d’Etat-Civil qui était en l’occurrence le maire en place, présenta Jacques Vincent en tant que domestique. On peut supposer que les cochers faisaient partis de la domesticité  des familles bourgeoises.

Le couple a eu sept enfants entre 1889 et 1907 mais seulement cinq atteignent l’âge adulte. L’étude des actes de naissance des enfants est intéressante car elle me permet d’avoir une meilleure compréhension de l’évolution du couple.

On y apprend qu’en 1891 Jacques Vincent n’était plus cocher mais cultivateur comme son beau-père. En 1895, lors de la naissance de sa fille, Jacques Vincent exerçait de nouveau le métier de cocher. Je ne connais pas la raison de se changement temporaire d’activité. Je suppose que cela est en rapport avec les problèmes financiers de la duchesse de Fitz-James à la même époque.

Le couple a souvent changé de domicile dans le village de Garons pour finir par s’installer dans la maison familiale de son épouse Suzanne Vincent.

En 1897, le père de Jacques Vincent décéda à l’âge de 63 ans à la Chapelle-Sur-Oudon.

En 1905 Jacques Vincent était définitivement libéré de ses obligations militaires. Il avait 46 ans,  il était père de cinq enfants, il pouvait  se consacrer pleinement à son activité de cocher sur la commune de Garons.

1905-1935 du cocher au cultivateur

En 1910 Guillaume VINCENT, le beau-père de Jacques Vincent mourut en son domicile de Garons. Je voudrais une petite parenthésée, sur Guillaume Vincent. D’après le recensement de la population du village de Garons en 1906, Guillaume Vincent était cantonnier, pourtant sur son acte de décès 4 ans plus tard il est inscrit qu’il était cultivateur.Le métier de cantonnier n’aura été qu’une parenthésée dans son existence

Jacques Vincent, était toujours cocher mais il avait changé d’employeur. Je n’ai pu déchiffrer son nom dans le registre du recensement.

Sur les dernières années de mon arrière-grand-père, je n’ai pas beaucoup d’information. A part qu’il était employé comme cultivateur chez un agriculteur nommé Milhau.

C’est en 1935, à l’âge de 76 ans que Jacques Vincent décéda en son domicile de Garons. C’est Louis, un de ses fils qui a eu la lourde tâche de faire la déclaration en mairie.

Ainsi s’achève l’histoire  de mon arrière-grand-père qui a vécu entre le Gard et l’Anjou.

Avez-vous envisagé d’écrire la biographie d’un aïeul ?

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